On achève bien les hommes

Dany-Robert Dufour / Denoel

De quelques conséquences actuelles et futures de la mort de Dieu.

D’où vient cet extraordinaire besoin de croyance qu’on retrouve toujours et partout chez les hommes ? L’auteur s’interroge en examinant ces figures historiques du divin qui vont du Totem au peuple et au prolétariat en passant par la Physis des Grecs, et bien-sûr, le dieu des monothéistes. Il trouve un raison dans le « réel », à cette propension irrésistible à s’aliéner à l’Autre. L’homme, en effet, est un être inachevé.

De ce manque dans sa nature, évoqué par tant de penseurs de Platon à Lacan, la science apporte aujourd’hui la confirmation avec la théorie de la néoténie, qui montre que l’homme, à la naissance, est un prématuré. Voilà pourquoi, pour opérer sa subjectivation, il a besoin d’inventer des êtres surnaturels auxquels il veut croire comme s’ils existaient vraiment.

Mais que se passe-t-il quand, comme aujourd’hui, on assiste à la « mort de Dieu », annoncé par Nietzsche il y a un siècle. L’être humain, s’il n’est plus aliéné à un Autre, est-il désormais condamné à la surenchère désespérée et désespérante des fondamentalismes, à la dépression face à un monde désymbolisé ou encore à la tentation de se recréer, mieux achevé, avec l’appui des technosciences ?

Sommes-nous ainsi en marche, au milieu du chaos religieux et de la déprime galopante, vers une post-humanité ? L’espèce humaine est-elle même radicalement menacée ? Des questions cruciales qu’on ne saurait exprimer sans parcourir des champs de connaissances très divers : l’anthropologie, l’histoire, la philosophie politique, mais aussi l’esthétique et la psychanalyse.

En cours / Entré en 2006

 

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Ainsi mentent les hommes

Kressmann Taylor / Autrement

Quand la douleur ou le désarroi sont trop forts, quand les émotions nous bousculent, le bruit, l’odeur, le simple mouvement d’un arbre ou d’une source peuvent nous apaiser. Omniprésente dans ces nouvelles inédites de Kressmann Taylor, la nature est la grande consolatrice.

Confrontés à un père tyrannique, à un professeur frustré, à des adultes mensongers, les jeunes adolescents mis en scène avec subtilité par l’auteur ne retrouvent leur équilibre profond que dans cette immersion hors des hommes. Humiliation, remords, mélancolie, solitude scandent ces quatres histoires toutes banales, toutes simples, faussement simples bien-sûr car elles cristallisent admirablement nos ambiguités et nos tensions. On reconnait dans ces textes courts la sensibilité, la finesse d’analyse de l’auteur d’ Inconnu à cette adresse, sa capacité de saisir à vif nos déchirures, nos blessures minuscules.

Lu / Entré en 2006

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Un homme est tombé dans la rue

Vahé Katcha / Fayard

Rue de l’Assomption, au mois d’août. un homme s’effondre, terrassé par une crise cardiaque. Il s’appelle François. Il a trente-cinq ans. Il est beau. Il travaille dans la publicité. Un jeune cadre. Près de lui sur le trottoir, la bouteille de whisky qu’il vient d’acheter, enveloppé dans une page de l’Humanité.

Des gens s’arrêtent, hésitent, passent. Une petite rentière, des travailleurs africains, des grosses, une député, un couple de touristes allemands… Du whisky ? Un ivrogne. L’Humanité ? Un communiste. Ou un drogué. Ou un clochard.

Tandis que ces nouveaux lévites dialoguent avec leur conscience, François revit en pensée avec Doline, les semaines lumineuses qui ont suivi la découverte de son amour. Pour Doline _ Doline qu’il doit retrouver dans une heure à la gare Saint-Lazare…

Non lu / Entré en 2009 (Braderie)

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L’Homme rompu

Tahar Ben Jelloun / Seuil

Vertueux dans un monde corrompu, consciencieux sans que l’on reconnaisse ses mérites, Mourad a toujours résisté aux tentations. Sa femme et sa belle-mère lui reprochent d’être resté pauvre. Au bureau, on ironise sur son train de vie minable. Mais les fonctionnaires comme lui ne sont-ils pas les derniers remparts protégeant l’Etat ?

Un jour cependant, Mourad finit par craquer et accepte « une enveloppe ». Puis une deuxième. Il découvre avec ivresse les délices de l’argent facile, prend une maîtresse et emmène sa fille à la mer. Aussitôt, d’étranges malheurs s’abattent sur sa tête? On le soupçonne. On le traque. On l’interroge? Est-il si difficile d’entrer dans la tribu ?

Non lu / Entré en 2007 (Brocante)

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La condition humaine

André Malraux, Gallimard

Lu / Roman à l’origine de la collection

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L’homme au ventre de plomb

Jean-François Parot / 10/18

Fin de l’année 1761 : la guerre de Sept Ans prends une tournure de plus en plus désastreuse, l’expulsion des jésuites est en discussion et la marquise de Pompadour vit ses derniers temps de faveur. Nous retrouvons Nicolas Le Floch à la première des Paladins de Rameau à l’Opéra, à laquelle assiste Madame Adélaide, une des filles de Louis XV. Durant le représentation, le comte et la comtesse de Ruissec, qui accompagnaient la princesse, sont informés du suicide de leur fils, et Nicolas suit son maître Sartine jusqu’à l’hôtel des malheureux parents, où il ca faire de biens curieuses constatations.

Nicolas découvre bientôt que ces meurtres paraissent liés à un complot jésuites. Mais ne s’agit-il pas là de fausses apparences, d’une manipulation compliquée des divers partis qui s’affrontent secrètement à la Cour ?

Non lu / Entré en 2005 (Offert par Stéphane S.B)

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La place de l’homme dans la nature

Teilhard de Chardin / 10/18

Où est l’homme, perdu dans l’Univers immense ? Saura-t-il, un jour, y définir sa juste place ?

Voici, peut-être, l’ouvrage le plus décisif et le plus lumineux d’un des penseurs essentiels de notre temps. On y trouve, lié avec une autorité magistrale, tout le faisceau des grands thèmes « teilhardiens »: prévie, vie avant l’homme, individuation et situation de l’homme dans le cosmos.

Non lu / 2003

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L’homme clandestin

Ross Mac Donald / 18/10

Salué à sa parution en 1971 par un article enthousiaste de la romancière Eudora Welty, ausitôt suivi par une presse unanime, L’homme clandestin intronisa définitivement son auteur comme l’héritier de Hammet et de Chandler, c’est à dire comme le plus grand écrivain noir de son temps. Son héros, Lew Archer, achevait alors de gagner ses galons de successeurs de Sam Spade et de Philip Marlowe. Dont il se distingue toutefois (selon son créateur) par son humanité réfléchie, son intérêt à l’autre qui lui fait oublier le sien propre et une force de caractère enfin, qui le rend capable de faire face à la faiblesse humaine, y compris la sienne, en gardant les yeux ouverts. En quoi Archer (incarné à l’écran à 2 reprises par Paul Newman) préfigure les personnages d’un James Crumley qui reconnaît en Ross Mac Donald so écrivain préféré et dit l’avoir relu 10 fois.

Lu / Entré en 2004

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Un homme de pouvoir

Max Gallo / Le Livre de Poche

Philippe Arius est enfermé dans une cellule de prison. Il fut pourtant un homme de pouvoir pendant vingt ans. L’un de ces « sorciers » qui auscultent les sondages, conçoivent les stratégies d’images et les messages pour séduire l’opinion et donc les électeurs. Il a servi tour à tour Pompidou et Giscard d’Estaing, Mitterand, Chirac ou Jospin. Au fil des années, avec l’aide de « fonds secrets », il crée l’agence Philippe Arius Communication et Sondages dont l’audience est devenue internationale. Il se veut libre. Il sert ceux qui le paient. Il va s’enrichir, devenir l’uen des personnalités du Tout-Paris politique et médiatique. Il fait un beau et utile mariage. Il a pour maîtresse ces jeunes femmes qu’on dévore des yeux dans les défilés de mode. Il est l’un de ces hommes d’influence qui détiennent dans l’ombre la part obscure du pouvoir. Il se veut cynique à la manière d’un Rastignac ou d’un Julien Sorel.

Et puis en 2001, tout bascule. Les juges le traquent, l’emprisonnent. Comment en est-il arrivé là ?

Cette oeuvre balzacienne dévoile les visages, les ambitions et les secrets des hommes qui nous gouvernent.

Non lu / 2006

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Vers l’age d’homme

J. M. Coetzee / Points

Dans le droit fil de Scènes de la vie d’un jeune garçon, cet autoprotrait de l’artiste en jeune homme, crispé et méfiant, éclaire la génèse de l’oeuvre de J. M. Coetzee par l’évocation de ses vastes lectures, de ses découvertes en musique et en peinture contemporaines.

Célèbre pour sa réticence à se livrer, l’auteur confesse ici avec une impitoyable lucidité ses rêves d’amour fou, ses solutions farfelues aux crises d’un monde en proie à l’apartheid, à la Guerre Froide ou au conflit au Vietnam. Analysant les souffrances du jeune Coetzee, il a le cran de nous laisser sourire, et même rire, de ses interrogations et de ses mécomptes. Mais au delà de l’échec du poète féru de Pound, d’Eliot, de Neruda et de Brodsky, se profile le romancier qui écrira Michaël K, sa vie, son temps et Disgrâce.

L’Afrique du Sud, blessure qui n’en finit pas de faire mal.

Non lu / 2006

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